Notre démocratie descend tout droit de Rome,
Comme un héritage de la vieille république.
Cadeau de naissance peu méritocratique !
La cinquième fut enfantée sur le forum.
La démocratie, petite fille de louve,
Mars vengeur s’incarne ici dans un général,
Pas sur un coup de tête : un coup d’État, banal.
Conçue en Algérie, qu’aujourd’hui elle réprouve…
L’Empire romain sa mère, De Gaulle son père.
Quel dieu antique s’est posé sur son berceau ?
Bizarre mélange des genres, étrange chaos
Mégalorreur né de la cuisse de Jupiter.
Son attitude impériale est profonde.
Notre démocratie devrait tuer le père.
Ou la mère patrie et ses maigres repères
Le mal l’habite, du Jura à la Gironde
Racisme, haine, emprise et manque de limites
Crois à l’école laïque, vote, aime la République
Admire ses valeurs, sa devise prophétique
La démocratie, tu l’aimes ou tu la quittes.
Avec tous : impartiale, elle est universelle.
Tu es dans l’univers seul, ça lui est égal.
Pupille de la patrie : reste dans le lien filial
Tout individu est libre dans son escarcelle.
Tu étêtais les rois. De nature mouvante ?
Ne reste pas la cinquième roue du carrosse,
Sois adelphe, Quitte le joug de Thanatos !
Ton âme est une révolution permanente.
La vraie liberté demande hélas son écot.
Paye de tes douleurs et tes croyances déchues.
Larmes et cicatrices se cachent sous un tissu
La souffrance résonne mais ne trouve nul écho.
Passer sous les fourches caudines de Vénus
Laisse un vide abyssal, puissante amertume !
La mer tarie est aride, il ne reste que l’écume.
Passer la sixième : une victoire à la Pyrrhus.
Ô Nouvelle France, que ta graine éclose !
Du pain et des jeux, mais aussi du commun
Du social, du soleil pour le genre humain…
Ô vide de ton cœur, quelle métamorphose !
La nation agonise, est-elle donc apatride ?
L’âme en peine songe à l’empereur Claude
Innocent vestige de la fin d’un monde
L’imperator est mort, vive le matricide !
