S’il ne se passait rien… c’était le thème, un peu à la suite de ce 2ème exercice d’écriture. Ca m’a peu inspiré.
Attente
Douze minutes. Je suis en avance, c’est rare. Ils n’ont pas encore ouvert les portes. C’était bien plus sûr d’assurer le coup, mais je déteste attendre. Selon ma psy, c’est une stratégie d’évitement contre le vide qui m’amènerait à trop penser et à me confronter à moi-même. J’ai essayé d’utiliser cet argument les trois dernières fois où je suis arrivé en retard. Ca n’a pas convaincu. On reste amis quand même, mais bon…
Toujours douze minutes ? Il me semble pourtant être arrivé depuis un quart d’heure. Je vais faire un jeu pour tuer le temps. Imaginons les raisons du retard : le train a heurté un ours. Les chauffeur est ivre. La chaleur a fait fondre les freins. Mes amis bossent à la SNCF et se vengent en retenant le train. Une grève… une mobilisation sauvage contre les auteurs peu inspirés qui imaginent les fonctionnaires toujours en grève. Ma voisine dépressive s’est enfin jeté sur les rails… non, ça serait dans la même gare, je l’aurais vu.
Il me semble plus probable que l’horloge soit cassée.
Douze minutes. Si j’observe mes voisins, ce sera peut-être mieux. Je peux classer qui a l’air le plus sympa sur le quai… ou la plus bonne… et les plus riches… Ah, lui a l’air d’avoir une famille à l’arrivée. Probablement deux parents, une femme et un chat… Les poils sur la veste. Quel Sherlock !
Ils devront l’attendre, comme moi. Douze minutes à l’infini.
Quelle corvée !… La prochaine fois, je serai en retard, comme d’habitude. Et tout le monde sera content. Surtout moi.